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Pour relier Cochin et Goa, nous avions deux alternatives : longer la cote sur 800 km, ou bien passer par l'interieur des terres, par une route deux fois plus longue et plus montagneuse. Evidement, si je vous le presente comme ca, c'est que nous avons choisi la seconde alternative.
Malheureusement, notre parcours commence mal. La temperature frole les 50 degre (avec une pointe a 48 degre), et la montee de 1600 metres vers Munnar est interminable. Max attrape une insolation, ce qui va nous ralentir pendant quelques jours. Le lendemain, il nous fait meme une "Goutti" (expression originaire de l'Essonne, datant du jour de notre depart. Elle est tiree du nom d'un ami qui a essaye de nous suivre a velo, et qui a tres mal fini...).
La route vers Munnar puis Mysore traverse des plantations de the. C'est magnifique. Mais ca n'arrete pas de grimper et Max souffre le martyr.
Peu avant d'arriver a Mysore, nous traversons sans nous en rendre compte une reserve d'animaux sauvages, et tombons nez a nez avec un elephant. Il n'a pas l'air commode, charge meme la moto juste devant nous et n'a pas l'air de vouloir nous laisser passer, Que devons nous faire ? Passer a toute allure, ou passer le plus discretement possible ? Apres plusieurs minutes de conciliabule, une voiture nous depasse, et nous passons abrites par la voiture.
Ce fut un bel avant-gout de l'Afrique !!!
Quelques km plus loin, ma chaine se brise. Je m'arrete pour reparer, mais un camion nous avertit que notre ami l'elephant arrive en courrant. Ni une ni deux, je pars en courant jusqu'au prochain village, ou, avec l'aide d'un indien, je repare ma chaine.
Nos velos, d'ailleurs, souffrent de plus en plus. Max a par deux fois casse son porte-baggage avant. Quant a moi, mon derailleur ne marche plus, et j'ai du pedaler les 1500 km uniquement sur le petit plateau.
De retour a Mysore, nous continuons notre route vers le Nord. L'etape suivante fut Hampi, un des endroits les plus reposants et agreables en Inde, puis Mudgal petit village ou Max a travaille sur un chantier il y a 3 ans, avec l'association Inde Espoir. Ce fut un peu le retour de l'enfant prodigue !! On fut accueilli comme des rois par le pretre et les enfants de l'ecole du Sacre-Coeur. Nous passons l'apes-midi a jouer avec eux, a faire une demonstration des velos, et a discuter avec le pretre. La messe du soir fut magnifique. Ce fut une joie de rencontrer ces enfants si gais, et de passer une journee au sein de cette communaute chretienne. Le lendemain, nous partons a regrets, charges de chapatis et de pommes de terre, que la cuisiniere a absolument voulu nous offrir.
Nous avions tous les deux visite l'Inde il y a quelques annees, de maniere assez classique. Cette annee, a velo, nous voulions sortir des sentiers battus, aller a la rencontre de l'Inde des petits villages. Nous ne furent pas decus ! Les rencontres furent incroyables. Les indiens sont un peuple hors du commun, et d'une curiosite sans limites. A chaque fois que nous faisions une pause dans un village, une foule d'au moins trente personnes s'attroupait autour de nous, examinait nos velos, nous touchait les cheveux. A chaque fois qu'un motard nous depassait, il ralentissait pour nous demander d'ou on venait et pourquoi on pedalait. "Why ? For what reason ?". C'est une excellente question sur laquelle il faudrait se pencher ! Le soir, dans les guesthouses, ou chez l'habitant, toute la famille defilait dans notre chambre pour nous observer.
Cette curiosite en devenait presque oppresante, notamment en fin de journee.
Sinon, pour l'anecdote, nous avons ete convoques, en fin de soiree, alors que nous etions couches, au commisariat du village de Jagalur, pour expliquer ce que nous faisions ici. "Il n'y a rien a visiter ici, vous n'etes donc pas des touristes", gueulait le commisaire, qui ne voulait pas nous croire.
Apres ces trois semaines de velo, nous sommes arrives a Goa ou nous passons quelques jours avec la grand-mere de Max. Demain, nous remonteons vers Bombay, avant de nous envoler la semaine prochaine pour la Tanzanie.
A bientot pour de nouvelles avantures, africaines cette fois.
Tom et Max
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